Tunisie et Afrique face au 15e Plan Quinquennal Chinois : Les révélations stratégiques de Dr Maher Gaida
Pékin trace le futur : un plan quinquennal aux ambitions mondiales

Alors que la Chine finalise le 15e Plan Quinquennal (2026-2030), ses retombées dépassent largement ses frontières. Avec des objectifs de croissance économique compris entre 4,5 % et 5 %, ce plan vise une modernisation socialiste ambitieuse et prépare la Chine à atteindre ses objectifs à long terme d’ici 2035. Innovation technologique, transition verte et intégration des filières industrielles sont au cœur de cette stratégie, qui transforme non seulement l’économie chinoise, mais offre également des opportunités concrètes pour les pays africains, dont la Tunisie.
Selon les analystes de CGTN, ce plan se traduit par des projets concrets : Huawei déploie des réseaux intelligents pour l’enseignement supérieur, tandis que des applications basées sur l’intelligence artificielle améliorent la productivité agricole. Dans le domaine du développement vert, la Chine apporte ses technologies pour exploiter le potentiel solaire et éolien encore inexploité en Afrique.
À partir du 1er mai 2026, Beijing prévoit de supprimer les droits de douane sur les produits venant de 53 pays africains, renforçant ainsi l’ouverture de son marché et consolidant ses partenariats stratégiques à travers le continent. Le 15e plan quinquennal est également un appel à la coopération culturelle et scientifique entre la Chine et l’Afrique, annonçant un nouveau chapitre dans les relations bilatérales.
Tunisie : un partenaire stratégique clé pour la Chine
Pour Dr Maher Gaida, professeur universitaire et expert en intelligence économique, la Tunisie occupe une place centrale dans ce nouvel ordre mondial. Selon lui, la Chine ne cherche plus une simple croissance quantitative mais une croissance de qualité, fondée sur l’autonomie stratégique et la consolidation des industries.
« La Tunisie est la porte d’entrée vers l’Afrique, mais aussi vers l’Europe. Sa position géographique et ses ressources en font un acteur stratégique dans le Sud global », explique Dr Gaida. L’objectif chinois est clair : tisser des partenariats solides, créer des corridors économiques et établir des hubs technologiques et énergétiques qui renforcent la compétitivité de la Chine tout en offrant des bénéfices aux pays partenaires.
Énergie verte et transformation industrielle : une coopération gagnant-gagnant
Un des points cruciaux du partenariat sino-tunisien réside dans l’énergie décarbonée. La Tunisie bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel pour le photovoltaïque et de potentiels éoliens importants, offrant la possibilité de devenir un exportateur net d’énergie propre vers l’Europe.
« Les Chinois dominent la production de panneaux solaires, de batteries et de solutions de stockage. Pour que la Tunisie devienne un hub énergétique, elle doit s’allier à la Chine », souligne Dr Gaida. Ce partenariat permettra de produire de l’énergie propre tout en créant de la valeur économique locale, notamment dans les secteurs industriels, l’agriculture et l’hydrogène vert.
Cette coopération va bien au-delà de la simple production : il s’agit de créer des industries intégrées à haute valeur ajoutée, capables de transformer localement les ressources, comme le phosphate, pour en exporter des produits finis plutôt que des matières premières brutes.
Souveraineté numérique et nouvelles technologies
La transformation tunisienne passe également par l’économie numérique. Dr Gaida insiste sur l’importance de bâtir un écosystème numérique souverain, basé sur l’intelligence artificielle, les data centers et les infrastructures 5G/6G.
« La Tunisie doit cesser d’être uniquement une plateforme de sous-traitance et devenir un laboratoire technologique intégré, capable de concevoir, produire et innover avec la Chine », explique l’expert. Des projets pilotes incluent la fabrication locale de batteries, de panneaux solaires et de câblage électronique, en s’appuyant sur l’expertise chinoise.
Cette stratégie permet à la Tunisie de devenir un hub régional pour l’Afrique et un modèle de coopération pour l’Europe, tout en intégrant les standards technologiques chinois qui façonneront l’économie mondiale des prochaines décennies.
Vers une Afrique intégrée et autonome
Dr Gaida met également en avant la dimension africaine de cette stratégie. Face à la fragmentation géopolitique et aux politiques protectionnistes occidentales, la Chine et la Tunisie s’orientent vers la coopération régionale, notamment à travers le Maghreb et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
« L’intégration maghrébine et africaine est essentielle pour créer des ensembles économiques stables et résilients. La Chine agit comme catalyseur, apportant technologies, financement et expertise, pour construire des chaînes industrielles durables », précise-t-il.
Réforme financière et nouvelles monnaies
Dans le cadre du 15e plan, la Tunisie doit également repenser sa stratégie monétaire et financière. Dr Gaida suggère la création de monnaies locales ou de cryptomonnaies adossées aux ressources africaines, afin de réduire la dépendance au dollar et aux fluctuations monétaires imposées par les puissances occidentales.
« Il s’agit de valoriser nos ressources – phosphates, lithium, cobalt – localement, tout en sécurisant nos échanges commerciaux. C’est un moyen d’atteindre autonomie et stabilité économique », insiste-t-il.
Perspectives pour les cinq prochaines années : opportunités concrètes et méthodologie stratégique
Pour les entrepreneurs et décideurs tunisiens, le message est clair : regarder vers l’Est et s’ouvrir aux partenariats asiatiques. La Chine, avec ses 800 000 brevets déposés en 2025 et ses avancées en biotechnologie, robotique, aérospatial, intelligence artificielle et énergie propre, impose de nouveaux standards industriels.
Dr Gaida recommande de :
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Créer des incubateurs et start-ups intégrant les nouvelles technologies.
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Développer des pôles de R&D communs avec les universités chinoises.
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Valoriser les ressources locales à haute valeur ajoutée.
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Construire un hub énergétique et numérique intégré, compétitif à l’échelle mondiale.
L’avenir de la Tunisie et de l’Afrique pourrait ainsi se jouer main dans la main avec la Chine, en tirant parti des transformations industrielles et stratégiques prévues par le 15e Plan Quinquennal.



