Economie

TICEFA 2026 à Hammamet : La finance à l’ère de la régénération et de l’intelligence artificielle

Les 10 et 11 octobre 2026, l’hôtel *Royal Tulip Taj Sultan* à Hammamet a accueilli la conférence internationale **TICEFA 2026** (*Tunisia International Conference on Economics, Finance, and Accounting*). Placé sous le thème **« Regenerative Finance 2.0: Synergies Between Artificial Intelligence and Next-Gen Governance »**, cet événement a réuni une communauté académique et professionnelle d’experts, d’universitaires et de spécialistes venus de Tunisie et de l’international pour repenser la finance face aux mutations technologiques, climatiques et éthiques.

 

Si le colloque a abordé les modèles financiers émergents et la transition vers une finance régénérative, la première session plénière (*Plenary Session 1: Keynote Speakers*) a constitué le véritable cœur scientifique des débats à travers trois interventions majeures.

 

1. Évitement fiscal et gouvernance des entreprises publiques : L’analyse du Pr. Sadok El Ghoul

 

Ouvrant la session avec sa conférence intitulée **« Do as I Say, Not as I Do: Tax Avoidance by State-Owned Firms »**, le Pr. Sadok El Ghoul (University of Alberta, Canada) a analysé les comportements fiscaux complexes des entreprises sous contrôle public. Opposant les théories des coûts d’agence aux concepts de * »grabbing/helping hand »*, il a mis en lumière les contradictions entre la mission régulatrice de l’État et les réalités des pratiques d’évitement fiscal au sein du secteur public.

 

2. La recherche académique à l’ère de l’IA : Le diagnostic du Pr. Sabri Boubaker

 

Dans une intervention structurante intitulée **« Artificial Intelligence in Research at the Crossroads: Where Do We Stand and Where Are We Going? »**, le Pr. Sabri Boubaker (EM Normandie Business School, France) a dressé un bilan rigoureux de l’intégration de l’IA dans la recherche scientifique. Il a notamment catégorisé la boîte à outils du chercheur (*AI Research Toolkit*) en quatre grands axes :

 

* **L’IA générale** (ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity) ;

 

* **La recherche documentaire** (Elicit, Consensus, Semantic Scholar, Undermind) ;

* **La cartographie du champ scientifique** (ResearchRabbit, Connected Papers, Keenious) ;

* **La lecture, vérification et contextualisation** (Scite, Scholarcy, Refine).

 

Le Pr. Boubaker a particulièrement insisté sur un **protocole de vérification en 5 questions** (Preuve, Précision, Confidentialité, Reproductibilité et Conformité) avant tout usage d’outils d’IA dans les travaux scientifiques.

 

3. Souveraineté humaine et gouvernance de l’IA : Le plaidoyer du Pr. Khaled Ghedira

 

Clôturant la session plénière avec une réflexion philosophique et institutionnelle, le Pr. Khaled Ghedira a captivé l’auditoire avec son intervention **« Qui gouvernera qui ? L’humain ou l’IA ? »**. Reprenant la trajectoire de l’IA depuis 1956 jusqu’aux perspectives de la superintelligence, il a soulevé la question de la conscience morale, de la responsabilité des algorithmes et des cadres réglementaires internationaux (tels que l’*AI Act* européen).

 

Le Pr. Ghedira a affirmé le rôle crucial de **l’Université en tant que troisième force** aux côtés des États et des entreprises pour garantir une gouvernance équilibrée, éthique, pluridisciplinaire et centrée sur l’humain.

 

## Un pont entre recherche scientifique et défis de demain

 

En réunissant des personnalités académiques et des praticiens du monde économique, **TICEFA 2026** a confirmé la position de Hammamet et de la Tunisie comme un carrefour stratégique de réflexion prospective. Entre intelligence artificielle, finance durable et gouvernance de nouvelle génération, l’événement a rappelé l’urgence d’anticiper les transformations technologiques pour les mettre au service de la responsabilité sociale et de la durabilité.

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